Adjugé 31 250* €

24 - Attribué à Jean-Antoine HOUDON
(Versailles, 1741 - Paris, 1828)
Portrait de Marie-Sébastien-Charles-François Fontaine de Biré (1727-1803)
Buste à mi-corps en plâtre patiné.
H. totale 74 cm - Larg. 49 cm - Prof. 30 cm
Piédouche circulaire en marbre blanc. (Léger éclat au piédouche). H. 12 cm
(Petits éclats visibles au front, au jabot et sur le bord du veston, légères épaufrures).
Datation : 1785
A.F. 

31 janvier 2017
Provenance : Collection particulière.
Alors que le 28 juillet 1785 Houdon part pour l’Amérique en compagnie de Benjamin Franklin, ministre plénipotentiaire des États-Unis d’Amérique
près la cour de France pour faire le portrait en terre du général Washington – dont le moule rapporté à Paris sert ensuite à l’artiste à la statue pédestre
du général commandée par les États de Virginie ainsi que le buste en marbre de Lafayette – l’artiste se rend tout de même présent au Salon avec
quelques portraits tant en plâtre qu’en marbre parmi lesquels celui du roi de Suède, du prince Henri de Prusse, et au n° 285 du livret : « M. de Biré ».
Disparu pendant deux siècles, ce buste en marbre récemment redécouvert et acquis par le musée Paul Getty peut aisément être considéré comme
un chef d’œuvre absolu de la maturité de son talent.
Peu de renseignements subsistent sur ce grand personnage de l’État. Trésorier payeur général des guerres pour Lille et l’Artois en 1758, puis
administrateur du trésor royal pour les vivres de l’armée, charge éminemment lucrative, Biré s’installe à Paris dans son hôtel particulier au 9, du
quai Voltaire en face du Louvre. Alors que la Révolution éclate, Biré est dénoncé comme émigré mais sauve sa tête, multipliant les démarches
jusqu’en 1794 pour recouvrer ses biens.
Présenté à mi-corps dans un vêtement contemporain des derniers temps de l’Ancien Régime, le port altier rehaussé par la chevelure coiffée et nouée
élégamment à la manière de la perruque courte de Louis XVI, le front haut et les yeux révélant la finesse d’esprit et l’intelligence de son modèle
qui sut si bien louvoyer et échapper aux affres de la terreur, Biré dut en être content si l’on en juge par le buste en réduction que Houdon sculpte
en 1786, un an après la présentation du portrait en marbre en 1785.
Ne présentant ni signature ni cachet, une patine épaisse recouvrant toute trace d’extraction révélant la présence d’un moule à creux perdu, cette
nouvelle version inédite de dimensions légèrement inférieures au buste de 1785 pourrait correspondre au plâtre original modelé par l’artiste en
vue de la version en marbre. La maturité de l’artiste, visible au travers de ses incroyables capacités à rendre l’esprit et l’âme de son modèle apparaît
également dans le traitement de la chevelure. Le nœud de ruban de son catogan est à lui-même un morceau d’anthologie.
Autres versions :
- Buste en marbre. Signé et daté sous la découpe de son épaule droite : « Houdon fecit 1785 ». Hauteur totale : 82,3 cm --- Getty Museum, inv. : 2003.102.
- Buste petite nature en marbre. Signé et daté : « houdon f. 1786. » Hauteur totale : 42,3 cm --- Boston, Museum of Fine Arts --- Inv. : 65-2203.
Bibliographie :
Œuvre inédite --- H. H. Arnason, Jean-Antoine Houdon. Le plus grand sculpteur français du XVIII e siècle, Lausanne, 1975, pp. 74-75, fig. 148, pl. 89
(buste petite nature du musée de Boston) --- Cat. Expo : European Sculpture, 2003, Londres, Daniel Katz LTD, n° 22, pp. 56-59 repr. (Pour le marbre).