Pierre-Jean David, dit David d'Angers (Angers, 1788 - Paris, 1856)

Lot 93
30 000 - 40 000 €
Résultat: 30 000 €

Pierre-Jean David, dit David d'Angers (Angers, 1788 - Paris, 1856)

La Bataille de Fleurus Bas-relief en terre cuite Signé et daté devant, sur la plinthe: David / 1833 Inscription devant: Fleurus H. 35,5 cm - L. 49 cm Dans un encadrement d'époque en palissandre: H. 44 cm - L. 57 cm (Accidents et manques visibles, fêles de cuisson et cassures. Emplâtre de renfort au revers de l'oeuvre) Connu pour sa foisonnante production de portraits en médaillon, c'est pourtant dans les oeuvres monumentales et officielles que David d'Angers donne la pleine mesure de son talent. En témoigne cette esquisse inédite en terre cuite représentant la bataille de Fleurus, préparatoire au décor que l'artiste s'engage à réaliser sur la façade Nord de l'arc de triomphe de la porte d'Aix à Marseille. Le 24 juin 1828, David d'Angers se voit confier avec Etienne-Jules Ramey un programme décoratif conçu en l'honneur du duc d'Angoulême et de l'expédition d'Espagne, mais le changement de régime deux ans plus tard entraîne une profonde modification iconographique. Pour les oeuvres les plus marquantes, l'artiste s'engage à réaliser le grand relief la Patrie appelant ses enfants à la défense de la Liberté, la bataille d'Héliopolis et la bataille de Fleurus. Pour illustrer cette dernière remportée le 16 juin 1794 par le maréchal Jourdan - permettant ainsi une offensive générale sur la Belgique les Pays- Bas et la Rhénanie correspondant à la politique de guerre que le Comité de Salut Public pratique en matière de politique extérieure - le sculpteur a représenté au centre de la composition le maréchal de Saxe-Cobourg, tête nue, remettant son épée au général Jourdan qui par un geste noble refuse de désarmer son ennemi. De chaque côté, un hussard et un grenadier assistent à l'événement. David d'Angers donne ici un parfait exemple de son style, insufflant une passion toute romantique et un certain naturalisme à un sujet d'Histoire. C'est aussi l'occasion pour lui d'exprimer un sentiment vif et patriotique particulièrement visible dans le traitement nerveux et vibrant contrastant avec le relief presque en méplat. Comme l'ajoute Isabelle Leroy-Jay Lemaistre dans la notice qu'elle consacre aux deux esquisses en terre cuite de victoires de David d'Angers, exécutées pour le même arc de triomphe et récemment acquises par le musée du Louvre: " C'est sans doute cette adéquation des convictions profondes du sculpteur et du sujet traité qui a produit des oeuvres si pleinement réussies ". Enfin, il est possible que cette oeuvre corresponde à "l'esquisse en terre cuite de votre bas-relief de Marseille" mentionnée dans une lettre que le critique Gustave Planche envoie à David d'Angers le 5 avril 1834, s'ajoutant ainsi à une autre version de dimension légèrement inférieure donné par l'artiste à Charles Lenormant en 1842 (Terre cuite, orléans, musée des Beaux-arts). Bibliographie: Henri Jouin, Nouvelles lettres du Maître et de ses contemporains, Nouvelles Archives de l'Art Français, 1893, lettre LIX, p. 218 --- Musée du Louvre, Nouvelles acquisitions du Département des Sculptures (1980-1983), Paris, RMN, 1984, n°29, pp. 82-85 Cat. expo.: De la Porte Royale à la Porte d'Aix, Marseille, musée d'histoire de Marseille, juillet-septembre 1989, pp. 30-36 Cat. expo.: De Pigalle à Canova. Terres cuites européennes, 1740-1840, n°68 et 69, pp.170-173
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